11/07/2007

 Le Style Shito-Ryu & les Mabuni

KARATE SHITO RYU

 

Au début du XIXème siècle, Anko Itosu, né à Okinawa en 1832, étudie le Shuri-te avec maître Matsumura. Il devient à son tour expert de cette pratique aux techniques longues, vives et dures (style Shorin).

 

OkinawaIslandblog

 

 

Plus tard, Kanryo Higaonna, né à Naha, capitale d’Okinawa étudie le Naha-te et devient aussi expert de cette méthode qui se distingue de la précédente par des techniques plus courtes, plus souples et plus rapides (style Shorei ).

 

Le jeune Kenwa Mabuni, né en 1893 à Okinawa.

 

k_mabuni

 

Il étudie les deux styles, avec donc ses deux Maîtres. A la mort de ceux-ci, souhaitant continuer leur œuvre. Sa méthode théorique fut basée sur les deux enseignements qu’il a eu. Celui de maître Itosu situé dans le courant Shuri et celui de maître Higaonna situé dans le courant Naha. A partir du nom de ces deux maîtres, il nomma, son école Shito-ryu.
En japonais, le nom d’Itosu s’écrit avec les deux idéogrammes Ito et su, et celui de Higaonna avec les trois idéogrammes Higa, on et na. En japonais, un même idéogramme peut se prononcer de plusieurs manières : Ito peut se prononcer aussi shi ; et higa se prononce aussi tô. Ainsi, la combinaison des premiers idéogrammes des noms des deux maîtres forme le mot "shitô". Shitô-ryû signifie donc "l’école issue des deux maîtres, Itosu et Higaonna".
Kenwa Mabuni, ne se contenta pas de juxtaposer deux courants, mais il systématisa les méthodes d’entraînements avec un fondement rationnel et scientifique. Afin d’exprimer sa vision de la vie et du karaté-do, Kenwa Mabuni écrivit ce « Tanka » qui est un poème japonnais :


"Animé par une fois sans faille,
Ne me consacrant à rien d’autre,
Plonger mes rames dans l’eau,
Qui me mène à l’île du karaté-Do
Me procure la fidélité".

 

Donc, Kenwa Mabuni s’installe à Osaka et fonde sa propre école « Shito ryu » qui est une synthèse logique des styles Shorin et Shorei. Etymologiquement, « shi » est le nom de l’idéogramme japonais qui signifie « ito » de Itosu et « to » signifie « higa » de Higaonna, par respect des principes établis par les deux Maîtres, mais aussi pour leur rendre hommage, comme expliqué plus haut. 

 

La création officielle du Shito ryu date de 1938.

 

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Son fondateur mourra en 1952.

 

Son enseignement est alors relayé par ses fils :

 

Kenzo Mabuni et Kenei Mabuni.

 

Kenzo 
 
 
kenei

 

Le Maître Kenei Mabuni donnant cours 

 

Kenzo à Okinawa et surtout Kenei, actuel chef de file du Shito ryu. Il réside encore à Osaka mais n’hésite pas à parcourir le monde à plus de 80 ans.

 

C’est le 13 février 1918 à Shuri sur l'île d'Okinawa que naquit Kenei Mabuni, fils aîné de Kenwa Mabuni. Baigné dans l’univers du karaté, c’est tout naturellement qu’il apprit le karaté et le jujitsu. Maître Konischi lui enseigna le kendo et maître Seïko Fujita le ninjutsu.
Il partit aux Philippines lors de son service militaire, lors de son retour au pays, il étudia l’art de réduire les fractures. Son diplôme acquis, il ouvrit un cabinet et concurremment il enseigna le karaté. C’est à l’âge de 34 ans qu’il perdit son père. Depuis cette époque c’est
Kenei Mabuni qui poursuit l’œuvre de son père.

Il est actuellement 10ème DAN et conseiller technique de la Fédération de la ville d'Osaka. De plus, il enseigne dans différents dojôs de karaté-do universitaires et entre autres au "Yôshû-kan dojo".

  

Si l’aspect esthétique semble être une composante fondamentale du style, ce n’est pas au détriment de l’efficacité :

 

- Les techniques sont en effet courtes, enroulées.

 

- Les déplacements en esquives sont systématiques pour sortir de la ligne d’attaque.

 

- Les positions sont variées afin de respecter une distance optimale par rapport à l’adversaire, et ce en fonction de l’action envisagée.

 

- Le principe « sen no sen », qui consiste en une « attaque dans l’attaque » par anticipation de l’action adverse, est inclus dans l’enseignement de manière très précoce.

 

Le Shito ryu est donc caractéristique d’un travail qui allie la vitesse et l’esthétique technique. Celles-ci se réalisent dans une très grande mobilité des hanches, dans les déplacements courts et les blocages circulaires, avec les coudes près du corps.

 

 

Intro

 

"Pour paraphraser Bruce Lee, le karaté traditionnel Shoto-kan correspond à une barre de fer ; Il s’exprime à travers de frappes. C’est une technique carrée faite de coups puissants. Dans l’école Shito-ryu, on apprend la souplesse. C’est plus arrondi, ça vient plus du ventre. C’est comme une chaîne, qui à l’impact, devient une grosse boule de fer. L’effet de surprise en est plus grand et l’impact non moins conséquent." Minh Dack, 3ème Dan, Ecole Shito Ryu

14:13 Écrit par Pierre Florent dans Le Style Shito Ryu | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |